Presentations

rue à Montréal, mars 2020

Se construire une voix réflexive: apports et limites des théories de la socialisation langagière

Anne-Christel Zeiter-Grau & Malika Ben Harrat,
École de français langue étrangère, Université de Lausanne, Suisse

Différents cours de langue ou disciplinaires proposent des outils d’observation et de réflexion des contextes sociaux dans lesquels les participant·e·s évoluent au quotidien, avec l’objectif de leur permettre de développer une réflexivité sur leurs pratiques sociales en français : auxquelles peuvent-ils ou non avoir accès, pourquoi et comment, en termes de développement de leur répertoire langagier et de leur agir social (Busch, 2013) ?
Dans une perspective praxéologique (Jeanneret, 2010) sur le développement du répertoire langagier, nous nous intéressons aux modalités concrètes de la socialisation langagière (Roberts, 1999). Nous voulons

comprendre, et transmettre aux apprenant·e·s, comment acquérir une langue à la fois correcte au plan du système, adéquate en termes de normes communicatives et “digne d’être écoutée” (Hymes, 1996), compte tenu des enjeux sociaux dans lesquels ils s’inscrivent.
Les questions posées sont les suivantes : Comment les travaux sur la socialisation langagière éclairent-ils les enjeux concrets auxquels les personnes sont confrontées lorsqu’elles sont considérées comme des voix minoritaires? Quels types de barrières rencontrent-elles que les ressources didactiques connues ne permettent pas suffisamment de dépasser ?
Pour y répondre et accéder à des pratiques et au sens que les personnes y donnent, nous analyserons des entretiens individuels, des dispositifs d’enseignement et des travaux réflexifs d’étudiants recueillis à l’Université de Lausanne.
Nous posons l’hypothèse que la réflexivité développée sur ces questions permet de développer une meilleure conscience des dynamiques de représentations sociales (Jodelet, 2008) inhibantes ou aidantes entre soi et l’autre, mais aussi de la distinction entre pouvoir, relations de pouvoir et liberté, dans le sens de Foucault (1984), soit de la part de liberté possible au sein de structures données et acceptées ou acceptables à des degrés divers.

Références
Busch, B. (2013). Mehrsprachigkeit. Stuttgart: Facultas Verlag UTB.

Foucault, M. (1984). L’éthique du souci de soi comme pratique de liberté. Entretien avec Helmut Becker, Raúl Fornet-Betancourt et Alfredo Gomez-Müller. Concordia, 6, 99-116.

Hymes, Dell (1996): Report from an Underdeveloped Country: Toward Linguistic Competence in the United States. In: Dell Hymes (ed.): Ethnography, Linguistics, Narrative Inequality. London: Taylor&Francis, 63–105.

Jeanneret, T. (2010). Trajectoires d’appropriation langagière et travail identitaire: données et analyses. Bulletin suisse de linguistique appliquée, N° spécial 2010/1(1), 27-45.

Jodelet, D. (2008). Le mouvement de retour vers le sujet et l’approche des représentations sociales. ERES Connexions, 89(1), 25-46.

Roberts, C. (1999). Acquisition des langues ou socialisation dans et par le discours? Langages, 134, 101-123.

Quand la «voix» des personnes immigrantes est entendue grâce à la photo: réflexions sur une étude

Catherine Paquette et Anna Goudet,
Institut National de la Recherche Scientifique (INRS), Centre Urbanisation, Culture, Société, Montréal

Cette communication propose de réfléchir à la notion de «voix» dans le cadre d’une étude qui s’appuie sur la méthode photovoice pour saisir les perceptions et expériences de l’accueil de nouveaux arrivants dans trois quartiers de Montréal (Partenariat Immigration et résilience en milieu urbain, CRSH 2016-2021). Cette méthode, qui consiste en la prise de photos par les participants et leur description en entrevue, est de plus en plus utilisée en recherche-action auprès de communautés marginalisées afin de co-construire des connaissances fines et localisées à partir de leur point de vue. Dans ce cadre, nous interrogerons la notion de «voix» selon deux axes. (1) Dans une perspective épistémologique, nous reviendrons sur l’intention sous-jacente à cette méthode de réduire les écarts de pouvoir entre chercheurs et participants (Call-Cummings et al. 2018). Nous suggérons que la photo donne une voix aux personnes immigrantes rencontrées, les rendant acteurs à part entière de la construction des données concernant leur expérience. En outre, le processus envisagé de diffusion des résultats permettra de faire voyager leurs voix au-delà du projet de recherche, notamment auprès d’acteurs-clés de leur quartier. (2) Ensuite, sur le plan du déroulement des entretiens, nous aborderons l’utilité de la représentation visuelle pour faire émerger autrement la voix de ces personnes : des photos jaillissent des aspects symboliques et émotionnels que la parole, seule, rendrait difficiles à exprimer. Également, en tant que support visuel, la photo contribue à contourner la barrière de la langue dans l’échange avec des nouveaux arrivants. La participation à ce projet a finalement favorisé l’approfondissement des connaissances du quartier de certains participants, et, par extension, leur appartenance à celui-ci. Nous conclurons en soulignant certains obstacles relatifs à la réalisation et aux impacts de cette recherche, qui dépendent aussi de l’influence de la «voix» des chercheurs eux-mêmes.

Référence

Call-Cummings, Meagan, Melissa Hauber-Özer, Christie Byers, et Greer Mancuso. 2018. « The power of/in Photovoice ». International Journal of Research & Method in Education, juillet, 1‑15. https://doi.org/10.1080/1743727X.2018.1492536.

Les « voix subalternes » des centres d’appels nord-africains

Marie-Laure Cuisance,
Université Paris Ouest La Défense Nanterre – LESC

Dans le cadre de ma thèse en anthropologie, je me suis appliquée à décrire les mutations de la relation entre un assureur français et ses clients suite à la création de centres d’appels situés en Afrique du Nord. L’organisation de ces centres d’appels reprend largement les principes tayloriens qui sont appliqués à la voix : division du travail, spécialisation des tâches, interchangeabilité des salariés. Une fois découpées, standardisées, et surveillées, les différentes tâches effectuées par les voix ont été délocalisées pour être réalisées, au Maroc, soit « au meilleur endroit au meilleur prix ». Cette nouvelle organisation a marqué la fin du contact physique, les interactions entre les clients et l’entreprise sont devenues aveugles, sans visage, limitées à des sons et des voix. Dès lors, le salarié est partiellement désincarné pour devenir, en quelque sorte, le porte-voix de l’entreprise. L’ethnographie, d’une durée de trois ans, a permis de montrer le relatif échec du management à mettre en oeuvre une idéologie productiviste de la voix, basée sur l’interchangeabilité, l’ubiquité et la dépersonnalisation. En dépit de toutes les tentatives de contrôle des voix, il subsiste toujours « quelque chose » – un accent, un mot, un ton – que le client reconnaît et associe à la délocalisation de tâches vers des pays autrefois colonisés et à ses représentations négatives les plus communes : la dégradation de la qualité du service et des conditions du travail. Que véhiculent, que portent ces voix invisibles, que disent-elles de l’épaisseur de la relation entre la France et le Maroc, quand bien même salariés marocains et clients français ne se rencontrent jamais ? L’écoute de ces voix subalternes, sans visage, permet d’interroger les processus d’identification de la voix et ainsi, de questionner et d’enrichir les théories de l?interaction jusqu’alors essentiellement bâties sur des exemples de face-à-face.

Citoyenneté linguistique et minorité francophone en Ontario

Fanny Macé, McMaster University

L’Ontario abrite en son sein la plus importante minorité de langue française en situation minoritaire au pays, soit plus de 622 000 francophones (Gouvernement de l’Ontario, 2019). Dans ce contexte, le manque de visibilité de cette minorité francophone nous a poussé à nous interroger sur la raison de cette absence en particulier dans la sphère publique. En effet, selon James Scott (2009) les opportunités d’entendre publiquement la voix des minorisés constituent l’exception plutôt que la règle. Ainsi, cette voix diminuée, voire perdue ou oubliée, s’exprime la plupart du temps dans des espaces peu accessibles au chercheur. La notion de citoyenneté linguistique (linguistic citizenship) développée par Stroud et al. (edited, 2018) nous amène à nous questionner sur une certaine visibilité retrouvée grâce à des initiatives de ces acteurs minoritaires. Cette communication tentera de montrer que retrouver cette voix passe par des actions de la minorité permettant l’affirmation d’un certain degré de citoyenneté linguistique que l’on étudiera à travers l’analyse critique de deux documentaires : « Pis nous autres dans tout ça? » d’Andréanne Germain (2007) et « Deux voix, comme en écho » de Claudette Jaïko (1987). En effet, le concept de citoyenneté linguistique semble aller au-delà de celui envisagé par celui de droit linguistique (Stroud, 2001) et semble prometteur dans le contexte canadien.

Références

Germain, A. (réalisatrice) & Office national du film du Canada (producteur). (2007). Pis nous autres dans tout ça? [Œuvre cinématographique]. Canada: ONF. Repéré à https://www.onf.ca/film/pis_nous_autres_dans_tout_ca/

Jaïko, C. (réalisatrice) & Office national du film du Canada (producteur). (1987). Deux voix, comme en écho. [Œuvre cinématographique]. Canada: ONF. Repéré à https://www.onf.ca/film/deux_voix_comme_en_echo/

Lim, L., Stroud, C., & Wee, L. (Eds.). (2018). The Multilingual citizen: Towards a politics of language for agency and change. Bristol, UK: Multilingual Matters.

Scott, J. (2009). The Art of Not Being Governed : An Anarchist History of Upland Southeast Asia. New Haven & London: Yale University Press.

Gouvernement de l’Ontario. Ministère des Affaires francophones. (2019). Profil de la population francophone de l’Ontario – 2016. Repéré à https://www.ontario.ca/fr/page/profil-de-la-population-francophone-de-lontario-2016

Stroud, C. (2001). African mother-tongue programmes and the politics of language: Linguistic citizenship versus linguistic human rights. Journal of Multilingual and Multicultural development22(4), 339-355.

Access, Reach and Voice: a model of sociolinguistic inequalities in periods of change

Anna-Christine Weirich,
Institut National de la Recherche Scientifique (INRS), Centre Urbanisation, Culture, Société / Goethe-University Frankfurt am Main

In my conceptual frame for describing linguistic inequalities (Weirich 2018; Weirich in press), scope and access serve as hinge notions that connect descriptions of societal multilingualism in a socio-economic context (linguistic relations) with the analysis of individual multilingualism (linguistic repertoires and linguistic practice). Such a theoretical frame needs to define the aim of language learning processes as strategies to overcome sociolinguistic inequalities and marginalization. In how far is the notion of ‘voice’ appropriate for this purpose if we understand it in the common metaphorical use of ‘being able to speak’ and ‘to be heard’ (hooks 1999:338; Hymes 1996; Juffermans/van der Aa 2013:112)? 

It might favor the rigor of arguments to reserve ‘voice’ for use on an abstract level while drawing on other (sociolinguistic) notions in empirical analysis, that can describe concrete manifestations of linguistic inequalities.

However, voice is a particularly useful notion because it allows us to consider the fact that being heard does not solely depend on linguistic aspects but also other socio-economic issues. Due to structural exclusions from being heard, having a voice is a privilege (hooks 1999:338). Privileges often appear invisible to those who have them because they consider them as given (for everyone). It is the lack of privilege that comes to be felt. 

Linguistic relations are dynamic and can undergo ruptures that drastically change the conditions for voice. After having presented the theoretical frame, the text discusses two scenarios of change on an axis of mobility and immobility. The first example discusses rupture in sociolinguistic relations because of drastic changes in the language policies of a state that immobile speakers have to deal with. The example chosen to illustrate this change in linguistic relations is the ‘double minoration’ of speakers of Ukrainian after the independence of the Republic of Moldova (Weirich in press). The contrasting case of mobility is discussed with the help of the example of Viorela, one of several thousands of highly qualified Moldovan labor migrants working in households in Italy. She is also an example of circular migration that requires constant adaptation to different and sometimes new linguistic relations in her quest for voice.

Literature

hooks, bell (1999): talking back. In: Russell Ferguson/ Marcia Tucker (eds.): Out there. Marginalization and contemporary cultures. Cambridge, Mass: The Massachusetts Institute of Technology Press (Documentary sources in contemporary art, Vol. 4), S. 337–340.

Hymes, Dell (1996(1983)): Report from an Underdeveloped Country: Toward Linguistic Competence in the United States. In: Dell Hymes (ed.): Ethnography, Linguistics, Narrative Inequality. London: Taylor&Francis, S. 63–105.

Juffermans, Kasper; van der Aa, Jef (2013): Introduction to the Special Issue: Analyzing Voice in Educational Discourses. In: Anthropology & Education Quaterly 44 (2), S. 112–123.

Weirich, Anna-Christine (2018): Sprachliche Verhältnisse und Restrukturierung sprachlicher Repertoires in der Republik Moldova. Berlin: Peter Lang.

Weirich, Anna-Christine (in press): Cultural Security and Participation, in: Carbonneau, Jean-Rémi et al. (eds.): Dimensions of Cultural Security for National and Linguistic Minorities, Peter Lang.

Entendre les voix des mères: une analyse des discours sur l’alimentation des nourrissons sur Facebook

Chantal Bayard et Laurence Charton,
Institut national de la recherche scientifique (INRS)

La mise en récit des expériences sur les réseaux socionumériques est à la fois révélatrice de la singularité des « voix » des femmes, notamment de celles des mères, mais aussi de leur universalité. Partager sa « voix » dans l’espace public, de son vécu de mère par exemple, est une façon de lier l’intime au collectif, et le collectif à l’intime. Se raconter s’est aussi mettre en lumière les normes propres à une société et les formes de résistances qui confrontent, déconstruisent voire transforment les injonctions sociales (Morrissey et Kimball, 2017; Palmer-Mehta et Schuler, 2017). Dans le contexte québécois où l’allaitement exclusif est recommandé jusqu’à six mois par les autorités gouvernementales de santé publique (INSPQ, 2019), nous proposons dans cette communication de présenter et d’analyser les réactions suscitées par une « voix alternative » à cette injonction. Par « voix », suivant Solnit (2019 : 36), nous entendons « la capacité à prendre la parole, à participer, à faire l’expérience de soi et à être vue comme un être libre bénéficiant de droits ». Sur la base d’une analyse de 643 commentaires publiés en juin 2019 sur la page Facebook d’une influenceuse et entrepreneure québécoise à la suite de l’une de ses publications mentionnant sa préférence pour les préparations pour nourrisson, nous questionnerons notamment : quelles sont les « voix » qui s’expriment ? Que disent ces « voix » ? Comment ces « voix » lient les mères entre elles ? Et pourquoi, dans un contexte favorable à l?allaitement, est-il important de favoriser l’expression de la diversité des « voix » ?

Donner la parole aux sans-papiers. Etude d’une pratique de l’éthique langagière

Marie Veniard,
Université de Paris, EDA

Dans cette communication, on décrira les pratiques d’éthique langagière ayant cours dans les mobilisations pour les droits des étrangers. On s’intéressera en particulier à un impératif doxique, celui de « ne pas parler à la place des premiers concernés » tel qu’il se réalise dans ce champ de luttes. Ce travail se situe à l’articulation entre analyse de discours et sociolinguistique (Greco 2015).

Les données sont tirées d’une enquête de terrain d’un an et demi auprès, ou entre, de deux collectifs de quartier, un collectif de soutien aux migrants (selon le terme des acteurs eux-mêmes) et un collectif de sans-papiers (selon, là encore, le terme des acteurs eux-mêmes). Les relations entre les deux collectifs s’opèrent selon le principe du « community organizing ». On considèrera que les pratiques langagières visant à « ne pas parler à la place des premiers concernés » relèvent de la vertu discursive, telle que définie par M.-A. Paveau (2014).

Puisque la cause du droit des étrangers implique à la fois des « natifs » et des immigrants (Però and Solomos 2010), la question de la voix des « subalternes » pour reprendre le mot de Spivak (2010) est essentielle et la plupart des acteurs en ont une conscience réflexive, qui irrigue leurs pratiques langagières.

Après une description des différents lieux d’inscription de l’impératif, aux niveaux kinésique, discursif et interactionnel, nous nous focaliserons sur sa réalisation en interaction en prenant en considération les relations entre différents collectifs, engagés dans la défense d’une même cause, mais en relation de concurrence dans « l’espace des mouvements sociaux » (Lilian Mathieu 2012). On verra que la réalisation de l’impératif fait l’objet de rapports de pouvoir entre les groupes. Loin d’être un simple impératif moral, « ne pas parler à la place des premiers concernés » est pris dans des rapports politisés.

Réfléchir à la notion de « voix » à l’aide des travaux sur l’enfance en sciences sociales

Diane Farmer,
Université de Toronto

La sociologie de l’enfance et les « New social studies of childhood » ont aujourd’hui une trentaine d’années. Ce champ d’études a vu le jour en réponse à l’invisibilité théorique de l’enfant-acteur dans les théories de la socialisation et dans le domaine de la psychologie du développement. Faire apparaître l’enfant-acteur se manifeste alors par un souci d’en faire émerger « la voix ». Les travaux précurseurs de Sirota (1998, 2006) ou ceux de Mayall (2002), de James, Jenks et Prout (1998), de James et James (2004) et de Qvortrup (1994) en faveur de la reconnaissance de l’enfant-acteur et de l’enfance en tant que construction sociale, tout comme ceux de Dubet et Martuccelli (1996), de Duru-Bellat et Henriot van Zanten (1992) et de Lahire (2001, 2019) en sociologie de l’éducation, pour ne citer que quelques exemples, font en sorte qu’aujourd’hui la présence de l’enfant dans les analyses est bien ancrée.
L’évolution des travaux fait aujourd’hui l’objet de débats en ce qui a trait au traitement accordé à la voix de l’enfant. Tisdall et Punch (2012) dénoncent la persistance de mantras non problématisés ou intrinsèquement positifs, incluant la notion de voix. Spyrou (2018) remet en question le postulat d’authenticité dans la voix et celle d’un sujet unifié alors que Kumulainen (2007 cité dans Spyrou, 2018) rejette l’idée que la voix soit définie en tant que propriété individuelle, clairement découpée et dégagée du contexte à partir duquel elle a été produite. Plusieurs auteurs tels que James (2007), Draghici et Garnier (2020) interrogent le rôle du chercheur et les représentations véhiculées quant à la voix de l’enfant, ou examinent les contraintes, discursives (Leroy, 2020) et autres exercées sur la prise de parole. Cette communication vise à retracer les débats théoriques entourant la notion de voix de l’enfant et à réfléchir aux nombreuses facettes, potentiellement que peut recouper la notion de voix.

Eternal Hegemony of the Canadian Academic Mind:  Of Voice’s Repetoires, Secret Interference, and “Academic Whiteness”?

James Oscar, Institut national de la recherche scientifique

If as Lobo 2018 has rightly pointed of countries such as Canada “there is a large and emerging body of literature that draws attention to the challenges of living with difference in cities with white majority cultures” (Lobo, 2018: 624) and if accompanying recent studies have looked to the evidence of particular “bodies of colour becoming stress points” (Lobo 2014, 2018; Austin 2013; Maynard 2017) within superdiverse (Vertovec 2007) cultural environments (Ahmed, 2007:160), could it not be of interest to consider the problematic of “voice” in the context of  societies embedded with such stress points as can be intimated for instance by their quickly increasing dynamic (Vertovec 2007) of  “an extremely low degree of presupposability in terms of identities, patterns of social and cultural behavior, social and cultural structure, norms and expectations.” (Blommaert et al, 2013:13)

In the same context where present quandaries exist (Vertovec 2007) of how ‘bodies of colour’ have said to be in detriment of fair equity of treatment (Ahmed 2007; Lobo 2014; Austin 2013; Maynard 2017), would it not be of interest to look at the context of voice and the possible authority of its deployment and on the other hand the contraption to counter-voices of minorities within majority populations “where their meaning-making practices can no longer be presumed to ‘belong’ to particular languages and cultures” (Blommaert et al, 2013:13).

Thus, if  it can be deduced that such a problematic exists within and a proliferation of literature “draws attention to the challenges of living with difference within cities with white majority cultures such as USA, UK, Australia, New Zealand and Canada (Amin, 2012; Fincher and Iveson, 2008; Fincher and Shaw, 2011; Valentine, 2008; Valentine and Sadgrove, 2014)” (Lobo 2018:624), how might considering studies on “whiteness” which have proliferated within the context of research taking place in such superdiverse societies (Austin 2010; Ayling 2019, Baldwin& Erickson 2020; Erickson 2020; Baldwin& Kobayashi 2011; Dyer 1997;  Faulkner 2019;  Kim-Cragg  2019; Levine-Rasky 2016; Lobo 2014; Kindinger & Schmitt 2019; Meister 2020; Malat 2018;  Morton 2019; Saul & Casey 2019; Trepanier 2010; Vieten &Valentine 2015) provide a nascent hermeneutic to consider these realities as reflected by diverse populations and further as regards the enunciation of their “voices” and the voices of the majority population seeking to usurp those voices in the society  as has been suggested( Among others: Austin 2010; Baldwin, Cameron & Kobayashi 2011; Baldwin & Erickson; Berry 2015 Lobo 2014, Maynard 2017; Morton 2019, Trepagnier 2019).

How might using “whiteness” and its studies of power relations as a hermeneutic regarding a current inequity in these societies offer insights into considering the imbalance of how the voices of these diverse populations not equally figuring in the particular realms such as that of academia as has been heavily researched of late in the scientific literature (Berry 2015; Bree 2009; Carr 2017; Choi 2016; Conrad 2018; Lund&Carr 2010; Henry et al 2017; Matias & Zembylas 2014)?

If “whiteness” is said to have a voice and foothold within these superdiverse societies (Austin 2010 2013, Baldwin, Cameron & Kobayashi 2011; Choi 2016; Faulkner 2019; Lobo 2014) what might be the repertoires of this voice? And how might the revelation of these repertoires using whiteness as a hermeneutic point to nodes and point to particular strategies of voice that an approach using other notions such as that of “hegemony” (Carr 2013)  have not succeeded in revealing? What precisely might be the nodes that can be surveyed as enacted by “whiteness”, so to speak as the literature has suggested of such an enactment (Berry 2015; Bree 2009; Carr 2017; Choi 2016; Conrad 2018; Lund&Carr 2010; Henry et al 2017; Matias & Zembylas 2014) within the academic realm?

What might a novel analysis of  “whiteness” (taking close consideration that its bastions are rather tied to power and not simply anchored by race, Ayling 2019, Malat 2018) as adumbrated within the scientific literature reveal about regimes of voice and power, and what might the notion of “whiteness” as adumbrated within the scientific literature offer up as a segueway

to knowing particular linguistic repertoires and tropes (Bhabha 1994) that might find their enaction within the physical spaces and discourses of Canadian academia’s regimes? Can we even conclude that there might be something we can justifiably see as a positioning we might refer to as “academic whiteness”?

We will approach the such through a theoretical analysis and attempt an approach citing examples of observable empirical reality through a novel engagement with a sensory ethnography (Lobo 2014:102) we have engaged within our time occupying space in the academy to take a preliminary look to also see if there might rapports to be noted in observable empirical realities that find rapport with proliferating scientific literature theoretically documenting the such.

Literature

Ahmed S (2007) A phenomenology of whiteness. Feminist Theory 8(2): 149–168.

Austin, D (2010) Narratives of power: historical mythologies in contemporary Québec and Canada. Race& Class, 52(1), 19-32

Ayling, P. (2019). Distinction, exclusivity and whiteness: Elite Nigerian parents and the international education market.

Austin, D. (2013). Fear of a Black Nation: Race, Sex, and Security in Sixties Montreal. Toronto: Between the Lines.

Baldwin, A, Cameron, L, Kobayashi, A. (2011) Rethinking the Great White North:Race, Nature, and the Historical geographies of Whiteness in Canada. UBC Press 

Baldwin, A., & Erickson, B. (2020). Introduction: Whiteness, coloniality, and the Anthropocene. Environment and Planning D: Society and Space, 38(1), 3–11.

Berry K.S. (2015) Exploring the Authority of Whiteness in Education. In: Lund D.E., Carr P.R. (eds) Revisiting The Great White North?. Transgressions (Cultural Studies and Education), vol 105. Sense Publishers, Rotterdam

Bhabha, H. K. (1994). The location of culture. London: Routledge.

Blommaert, Jan; Backus, Ad (2013): Superdiverse Repertoires and the Individual. In: Ingrid de Saint-Georges und Jean Jacques Weber (eds.): Multilingualism and multimodality. Current challenges for educational studies. Rotterdam u.a.: Sense Publishers (vol. 2), 11–32.

Bree Picower (2009) The unexamined Whiteness of teaching: how White teachers maintain and enact dominant racial ideologies, Race Ethnicity and Education, 12:2, 197-215

Carr P.R. (2017) Whiteness and White Privilege: Problematizing Race and Racism in a “Color-blind” World and in Education. In: Fereidooni K., El M. (eds) Rassismuskritik und Widerstandsformen. Springer VS, Wiesbaden

Carr, Paul R./Becker, Dan (2013) : The Language of Hegemonic Democracy, and the Prospects for an Education for Democracy, The Social Educator, 31(1), 22-34.

Choi, A. (2016), Equity, race, and whiteness in Canadian geography. The Canadian Geographer / Le Géographe canadien, 60: 369-380

Conrad, Jenni (2018) Tangling with Whiteness and Multicultural (Neo) Liberalism: Canada’s Timely Lessons on Denial and Praxis for Global Educators, Multicultural Perspectives, 20: 4, p253-256

Dyer, Richard (1997) White. London: Routeledge

Erickson, B (2020) Anthropocene futures: Linking colonialism and Environmentalism in an Age of Crisis (2020) Environment and Planning D: Society and Space, 38 (1), pp. 111-128

Faulkner, J  (2019) Ghosts of Eugenics’ Past:’Childhood’as a Target for Whitening Race in the United States and Canada Critical Race and Whiteness Studies, 2019

Henry, Frances, Dua, Enakshi James, Carl E. Kobayashi, Audrey,  Li, Peter,  Ramos, Howard and Smith, Malinda S. The Equity Myth: Racialization and Indigeneity at Canadian Universities Vancouver: UBC Press, 2017, pp. 392.

Kim-Cragg, HyeRan (2019) The Emperor Has No Clothes!: Exposing Whiteness as Explicit, Implicit, and Null Curricula, Religious Education, 114:3, 239-251

Kindinger E and Schmitt (2019) The Intersections of Whiteness London: Routledge

Levine-Rasky, C. (2016). Whiteness Fractured. London: Taylor and Francis.

Lobo M (2014) Affective energies: Sensory bodies on the beach in Darwin, Australia. Emotion, Space and Society 12(August): 101– 109.

Lund, Darren E.  & Carr, Paul R. (2010) Exposing Privilege and Racism in The Great White North: Tackling Whiteness and Identity Issues in Canadian Education, Multicultural Perspectives, 12:4, 229-234

Malat, Jennifer, Mayorga-Gallo, Sarah, Williams, David R. (2018)The effects of whiteness on the health of whites in the USA, Social Science & Medicine,Volume 199,2018, Pages 148-156

Matias, Cheryl E.  & Zembylas, Michalinos (2014) ‘When saying you care is not really caring’: emotions of disgust, whiteness ideology, and teacher education, Critical Studies in Education, 55:3, 319-337

Maynard, R. (2017). Policing Black lives: State violence in Canada from slavery to the present.

Meister, Daniel R.  (2020) ‘Anglo-Canadian Futurities’: Watson Kirkconnell, scientific racism, and cultural pluralism in interwar Canada, Settler Colonial Studies

Morton, E.(2019)  White settler death drives: settler statecraft, white possession, and multiple colonialisms under Treaty 6(2019) Cultural Studies, 33 (3), pp. 437-459.

Saul, Roger & Burkholder, Casey (2019) Intellectualizing whiteness as a response to campus racism: some concerns, Ethnic and Racial Studies

Trepagnier, B (2010). Silent racism: How well-meaning white people perpetuate the racial divide. Boulder, Colo: Paradigm Publishers.

Vertovec, S. (2007). Super-diversity and its implications. Ethnic and Racial Studies 30, 1024–1054

Vieten, Ulrike M.  & Valentine, Gill (2015) European urban spaces in crisis, City, 19:4, 480-485

Écrire les voix d’autres personnes, entre engagements, trahisons et réciprocités

Delphine Leroy
Université Paris 8, Laboratoire Experice, Affiliée à l’institut convergences Migrations


Follow this blog

Receive automatic updates from this blog via email.

Create your website at WordPress.com
Get started
%d bloggers like this: